L’école en rattrapage
Publié le 02 septembre 2010 - 08:35
Pas facile de changer l’école. Pas facile de changer les mentalités. Pas facile de faire mieux avec moins. Alors, cette rentrée des douze millions d’élèves que Luc Chatel aurait voulu inscrire dans une nouvelle dynamique, s’annonce désespérément semblable aux autres. Les enseignants sont toujours d’humeur cafardeuse et, selon un rituel désolant, deux grèves (dont une interprofessionnelle) sont déjà au programme les 6 et 7 septembre. Triste fatalité alors que ce ne sont pourtant pas les bonnes intentions qui manquent au ministre de l’Éducation nationale. Jamais les initiatives n’auront été aussi nombreuses qu’en cette rentrée: réforme de la seconde avec accompagnement individualisé deux heures par semaine, expérience sur les rythmes scolaires (cours le matin et sport l’après-midi) dans 124 établissements, internats d’excellence pour les plus méritants issus de milieux modestes, établissements de réinsertion scolaire pour les récalcitrants, etc... Mais c’est précisément cette avalanche de nouveautés qui génère l’inquiètude de syndicats traditionnellement réticents. Il est vrai qu’il n’est de bonnes réformes que lorsque l’intendance suit. Le cafouillage dans la confection des livres de seconde illustre les incohérences d’un système qui doit aussi changer de rythme. Une même perplexité entoure le tutorat des nouveaux maîtres dépourvus de formation pédagogique sur le terrain. Au fond, tous ces chantiers montrent que notre école républicaine a pris beaucoup de retard. Tout se passe comme si Luc Chatel, tout d’un coup, voulait lui faire sauter des classes. Pour y parvenir, il faudra que tout le monde se lève. Et pas seulement les élèves !
Jacques Camus